Article publié dans "Coeur Mag
d'Ostrevent ", revue de la communauté d'agglomération Coeur d'Ostrevent, numéro 25, janvier 2009
Laurent Idkowiak est né à Rosay-en-Brie en Seine-et-Marne il y a 42 ans d’une
mère originaire du Loiret et d’un père chef de chantier né à Abscon. Jusqu’à l’âge de cinq ans et demi, il a vécu en caravane, trimballé de chantier en chantier. « Je dois tenir de là mon âme
de saltimbanque », confie t-il. Depuis son entrée au CP à l’école Marie-Curie, il n’a plus quitté Somain. Aujourd’hui il bosse comme intervenant-théâtre et a acquis le statut de comédien
professionnel.
Coeur Mag : Monter sur les
planches, est ce un rêve de gosse ?
Laurent Idkowiak : J’ai découvert le théâtre en sixième. On nous avait emmené
voir à Somain « Le Barbier de Séville » joué par La troupe Barre-Borreli. Je me souviens encore de la lumière, des costumes... J’ai été estomaqué. C’est ce soir-là que je me suis mis à rêver de
devenir comédien. Mais ce n’est qu’en troisième que j’ai essayé de me confronter à un public. Mon professeur m’avait demandé de réciter « Le Monologue de Figaro ». A la surprise générale de la
classe, je ne me suis pas contenté de réciter, j’ai joué le monologue.
CM : Te souviens-tu de ton premier
rôle ?
L.I : Oui. C’était dans Germinal en 1991.
Une chance folle ! J’ai découvert sur ce film la manière dont un tournage se
déroulait. J’ai pu aussi discuter avec des comédiens professionnels qui m’ont surpris par leur simplicité : je pense à Jean-Roger Milo, Jean-Pierre Bisson ou encore le formidable Jean Carmet.
Enfin et surtout, j’ai fait la connaissance de Jacqueline Warwzyniak, chargée de casting dans la Région Nord- Pas de Calais qui m’a fait intégrer le fichier lillois de France
3.
CM : Comment as-tu rencontré
La Bricole ?
L.I : Un comédien de La Bricole était souffrant. Ma voisine, qui faisait partie
de la troupe m’a demandé de reprendre son rôle. C’était un vendredi matin à 9h. La représentation avait lieu le lendemain soir. J’ai relevé le défi.
CM : Transmettre ta passion,
c’est important ?
L.I : J’ai commencé comme animateur socio-culturel pour des centres de loisirs,
notamment à Somain. Très vite, j’ai mis ma passion au service de mon emploi en créant avec les jeunes des petits spectacles. Depuis j’ai eu l’opportunité de faire une formation
professionalisante pour devenir intervenant-théâtre. Un diplôme reconnu par l’Etat au niveau national. Transmettre ma passion me plaît beaucoup. Lors d’ateliers avec les enfants, je pense
souvent au gosse que j’étais. De nombreux gamins ont une vie intérieure tellement riche ! Si je peux leur faire découvrir un moyen de s’exprimer, les aider à s’épanouir avec le théâtre
!
CM : "Il était une fois demain en
Ostrevent", parle-nous de ton rôle dans ce conte musical qui était à l’affiche de Festi’Communes 5.
L.I : Ce spectacle a été une belle opportunité de jouer en tant que comédien
professionnel dans ma région. Ce fut aussi un vrai défi pour moi, celui d’être seul sur scène. J’ai apprécié travailler avec une équipe de techniciens professionnels et plus particulièrement
avec le metteur en scène Jean-Pierre Lemesle dont l’univers poétique et étrange m’a séduit. Il y a eu un vrai échange entre nous. J’ai apprécié que Jean-Pierre me laisse une part de créativité
dans le jeu. J’espère que nous serons amenés à retravailler ensemble.
CM : Quelles sont tes
ambitions aujourd’hui ?
L.I : Je souhaite pouvoir vivre de ma passion. La disparition de mon jeune
frère il y a onze ans m’a fait prendre conscience que tout pouvait s’arrêter brutalement et qu’il fallait que je me lance.
CM : Avons-nous une chance de
t’apercevoir bientôt sur notre petit écran ?
L.I : Oui, j’ai incarné un éducateur de nuit dans le téléfilm « Un singe sur le
dos » avec Gilles Lellouche pour Arte, un poilu de 14-18 dans « Le voyage de la veuve » avec Bernard Blancan pour France 2 ainsi qu’un amateur d’art dans la série « Les Tricheurs » avec Pascal
Légitimus pour France 3. Ces trois fictions devraient être diffusées cette année. J’ai aussi tourné en mai 2008 dans un téléfilm produit par France 2 qui devrait être diffusé ce premier
trimestre et qui s’intitule « Le Repenti ». Cette minisérie (2 épisodes de 90 min) raconte le parcours d’un ancien voyou infiltrant le milieu des dockers. J’y joue une petite scène avec l’un
des acteurs principaux, Aurélien Recoing, dont je respecte beaucoup le travail. Nous sommes dans la peau de deux dockers saouls qui se bousculent dans un bar, se défient et puis tombent dans
les bras l’un de l’autre. J’en garde un très bon souvenir et garde en mémoire cette phrase glissée par Aurélien Recoing : « Laurent, toi t’es 100%
».